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la
lettre lacanienne, une école de la
psychanalyse
En 1997, l’Association
« Qu’est-ce qu’une école
pour la psychanalyse ? » (Q.E.P.) est
fondée, sur la base de cette question.
En 2000, après dissolution de Q.E.P.,
est créée l’« Association
pour une école de la psychanalyse »
(A.P.E.P.) qui inscrit dans ses statuts la
mise en place d’un dispositif de passe
commun avec d’autres associations, dispositif
qui, avec les cartels, constitue les conditions
pour qu’effectivement advienne une école
de la psychanalyse. En 2003, prenant acte
du fonctionnement du dispositif de passe,
commun avec l’ « Ecole de psychanalyse
Sigmund Freud » (E.P.S.F.), du développement
de cartels et d’un mouvement soutenu
de travail orienté par sa référence
à l’enseignement de Freud et
de Lacan, l’A.P.E.P. décide de
devenir : « la lettre lacanienne, une
école de la psychanalyse ».
Ecole est
un nom d’association qui renvoie implicitement
à Lacan, le premier à l’avoir
introduit pour qualifier une association psychanalytique.
De la psychanalyse
signifie qu’il s’agit non pas
de transmettre un quantum de savoir établi,
cumulable, garanti par un sujet supposé
savoir mais de transmettre une disposition
à se mettre à l’école
des cures, des textes, du travail analytique
en général, avec quelques autres.
L’école n’est pas un lieu
à part, délimité a priori,
il est le lieu d’une Autre scène
de l’Association, comme son en plus.
L’école est un lieu de béance
où se maintient ouverte la question
du désir de l’analyste. Deux
formations sont privilégiées
à cet égard : le dispositif
commun de la passe et les cartels. Le désir
d’école fait partie du désir
de l’analyste en tant que celui-ci agit
dans chaque cure mais aussi dans le rapport
à la chose analytique et aux autres
analystes avec lesquels se nouent des transferts
de travail. L’école s’élabore
au moyen des dispositifs et activités
de cette association dont elle devient le
nom, se fait aussi reconnaître auprès
d’autres publics.
Ecole est
le nom de cette Association qui met le désir
de l’analyste au centre de son existence
et de son fonctionnement. Ce nom ne suffit
pas, il faut un nom de nom, un nom de cette
école, qui la rende parlante. Ce nom
est : la lettre lacanienne.
L’école,
aujourd’hui, ne peut plus être
dite « freudienne » : Lacan l’a
déjà fait, justifié par
sa lecture de Freud. Elle est entre une école
freudienne et une école lacanienne.
Elle est dans la lettre qui circule entre
les deux, rappelle l’une, anticipe l’autre.
C’est l’école de la lettre
lacanienne parce que Lacan en a reconnu l’instance,
ou l’insistance (façon de prolonger
la Wiederholungzwang proposée par Freud),
et en a inventé un certain nombre.
Cette école
est ouverte à ceux qui n’ont
connu de Lacan que des lettres et en savent
le prix, comme à ceux qui ayant pu
connaître Lacan n’en font pas
argument pour négliger l’établissement
et la lecture de ses textes.
Elle est
ouverte aux analystes et aux non analystes
qui prennent au sérieux la formation
des analystes en tant qu’elle se distingue
de l’initiation de sectes, de la maîtrise
du savoir universitaire ou médical,
de la visée psychothérapique
menée au nom d’un souverain Bien.
Paris, le 01/09/2003
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