Déclaration du 5 février 2006
Déclaration de la lettre lacanienne, une école de la psychanalyse
adressée à Bernard Basset au Ministère de la santé :
Les récents textes législatifs ne semblent pas concerner l’exercice de la psychanalyse. Ils la situent pourtant sous la variante de psychothérapie analytique, dans le cadre général des psychothérapies où elle ne saurait se reconnaître.
La lettre lacanienne, une école de la psychanalyse entend préciser sa précédente déclaration du 15 mai 2004.
La demande de cure n’est pas univoque. Freud avait déjà attiré l’attention sur le fait que la demande de guérison recouvrait le plus souvent une volonté inconsciente de ne rien changer. C’est pourquoi l’analyste orientera le patient plutôt vers une recherche de son Inconscient, que vers ce dont il se plaint. Pierre angulaire de sa pratique, la « technique de l’association libre » va dans ce sens. Celle-ci vient en contradiction de tout but fixé a priori : guérison ou formation.
La psychanalyse doit pouvoir se déployer dans le temps, une durée pré-établie aurait pour effet d’entamer sa dynamique.
La finalité d’une analyse excède ses effets thérapeutiques. Elle est d’abord une question au plus intime de chacun. Mais ce n’est que par cette voie qu’elle peut atteindre quelques généralités quant à l’humain. En retour, la psychanalyse ne saurait être appréhendée sous la seule tutelle de la santé publique, alors que son expérience et sa théorie peuvent féconder des champs aussi divers que la médecine, l’éducation, le social et même le politique.
L’analyse constitue une expérience profonde, qui peut-être amènera le patient à être analyste à son tour. La décision de se proposer comme analyste pour d’autres ne peut s’imposer qu’en fin d’une très longue cure, souvent reprise.
La formation de l’analyste doit pouvoir le conduire à occuper cette place que lui désigne son patient. Une professionnalisation initiale ne peut y constituer un pré-requis, pas plus qu’un titre universitaire.
Le psychanalyste ne pourra pourtant être ignorant de psychopathologie. Mais il devra articuler ce qu’il y aura appris à une culture plus générale, scientifique, culturelle, artistique, sans que la liste n’en soit ni obligatoire ni fermée.
L’association garantit une formation complémentaire grâce aux séminaires, cartels, présentations cliniques, ainsi que le dispositif de la passe et le contrôle.
C’est ce travail intensif qui fait école, en ce que l’effet n’en cessera plus pour le praticien. Celui-ci sera alors amené à son tour à récuser toute prescription d’un but ou d’une guérison, qui entrerait en contradiction avec les exigences de l’analyse.
L’association La lettre lacanienne, une école de la psychanalyse, en cohérence avec ses options fondamentales, et en accord avec « le Manifeste pour la psychanalyse », ne peut pas assurer une formation de psychothérapeute si elle s’applique à poursuivre la transmission de la psychanalyse.
déclaration publiée dans Libération le 16 février 2006.
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déclaration du 15 mai 2004 :
A propos de l’implication
de la psychanalyse
dans la réglementation des psychothérapies
Depuis plusieurs mois, le législateur
tente de réglementer la pratique
ou le titre des psychothérapeutes
afin, semble-t-il, de protéger les
usagers d’éventuelles mauvaises
rencontres. Ces projets impliquent la psychanalyse
et la transformeraient profondément
s’ils devaient aboutir.
La lettre lacanienne, une école de
la psychanalyse se trouve concernée
et récuse ces tentatives de contrôle
; il ne s’agit cependant pas de sauvegarder
quelque prétendue extraterritorialité,
mais de maintenir les fondements d’expérience
et de doctrine avec lesquels elle peut répondre
à la souffrance « du sujet
qui perd son sens dans les objectivations
du discours » (Lacan).
Il convient de resituer ces propositions
législatives dans leur contexte,
au regard de l’objection que la psychanalyse
constitue en tant que telle.
Les évolutions et bouleversements
de société peuvent se repérer
comme l’aboutissement et la conséquence
du discours nommé capitaliste, nouvelle
version du discours du maître, qui
affecte la communauté humaine dans
son ensemble en modifiant l’organisation
des liens sociaux et des structures de pensée.
Les liens sociaux sont davantage appelés
à se constituer en fonction d’une
prévalence accordée au social
administré par l’Etat, régissant
les biens privés et publics, qu’en
vertu de la loi ordonnant les structures
de filiation et de transmission. D’un
côté, la marchandisation et
son comptage, de l’autre, la procédure
et la judiciarisation, se substituent à
l’acte et à la responsabilité
individuelle. Historiquement, on peut repérer
que, par leur effraction dans la civilisation,
les camps de concentration ont été
précurseurs des effets ségrégationnistes
de cette technicisation experte d’une
gestion où les sujets sont réduits
à la simple condition d’êtres
vivants et périssables.
La psychanalyse se définit depuis
Freud comme science des effets de l’acte
et de sa subjectivité, déterminés
par les lois de l’inconscient. En
mettant en acte sa lecture du symptôme
qui implique un sujet partie prenante du
savoir dont il pâtit, la psychanalyse
lui donne d’abord une fonction dans
la recherche de la vérité
du savoir inconscient dont il témoigne.
L’acte psychanalytique se fonde par
la reconnaissance et l’analyse du
transfert, y compris dans ses effets thérapeutiques
; ni la finalité, ni les fins de
la cure ne peuvent être prescrites,
elles tiennent au mouvement même du
sujet en sa demande et sa résolution.
Dès lors, la pratique de la psychanalyse
relève d’une formation qui
ne peut être professionnelle, elle
est du ressort de ce qui engage un sujet
dans une cure psychanalytique dont l’expérience
et son issue peuvent seules éclairer
l’acte psychanalytique en retour.
Conséquente à l’expérience
de la cure, l’élaboration du
savoir qui s’y découvre est
une formation qui donne lieu à des
enjeux individuels et collectifs autour
desquels se constituent des associations
et des écoles
Déclarée sur ces enjeux,
la lettre lacanienne, une école de
la psychanalyse, affirme le principe de
la psychanalyse profane au sens de Freud
et de Lacan, de sorte que l’acte analytique
se décale de toute autre forme de
discours organisant un savoir, et excède
toute raison sociale. Ecole, elle lie l’expérience
intime de la psychanalyse à son au-delà
social et politique ; école encore,
elle est partie prenante d’une expérience
originale, la passe, qui tout à la
fois concerne la formation et l’est
en elle-même ; elle vise non pas une
compétence mais l’éclaircissement
des effets d’une psychanalyse sur
un sujet, tels qu’il pourra soutenir
pour un autre l’établissement
et la finitude du transfert dans son lien
avec le désir de l’analyste
; école enfin, elle est lieu de formation
par une participation décidée
à la recherche.
Les successives réglementations
envisagées interpellent notre école
comme chacune. Voudrait-on y souscrire que
l’orientation définie dans
les rapports Clery-Melin, Inserm, l’Hôpital
2007, les lois Perben… empêche
de croire que la psychanalyse pourra y trouver
place légitime et l’acte analytique
sa possibilité.
L’amendement Dubernard, dernier en
date, inscrit dans sa visée législative
les psychanalystes au même titre que
les médecins et les psychologues
de formation universitaire, réduisant
l’acte psychanalytique à une
pratique sociale observable et contrôlable,
évaluable et évaluante.
La lettre lacanienne réfute toutes
ces tentatives où il n’est
question que de légitimer en tant
que psychothérapeutes « des
psychanalystes régulièrement
enregistrés dans les annuaires de
leurs associations ». Leurs textes
qui organisent un ordre professionnel avec
sa hiérarchie n’indiquent rien
de l’acte analytique et tendent plutôt,
en le rabattant sur une procédure
sociale, à faire participer la psychanalyse
à la réduction du sujet aux
seuls énoncés répondant
aux exigences sociales.
Pour toutes ces raisons, la lettre lacanienne,
une école de la psychanalyse, ne
peut d’aucune façon souscrire
à cet amendement ou à tout
autre amendement visant à réglementer
aussi bien la pratique de la psychanalyse
que les associations de psychanalyse. Elle
n’établit aucune liste de psychanalystes
et refuse de participer à toute formation
qualifiante de psychothérapeutes.
Paris, le 15 mai 2004
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Programme du colloque "philosopher aujourd'hui"
Organisateur: Guy Félix Duportail, équipe execo (philosophies contemporaines).
Vendredi 23, samedi 24 mars 2007, à la Sorbonne
Il s'agira d'une rencontre sur le thème de l'activité du philosophe à travers les principaux courants de la philosophie contemporaine: phénoménologie, philosophie analytique, déconstruction.
Que font les philosophes lorsqu'ils écrivent? Partagent-ils encore l'idéal d'une méthode commune? Quel statut donnent-ils à leur discours? Comment appréhendent-ils leur activité? C'est pour répondre à ces questions que plusieurs enseignants - chercheurs ont accepté de participer à ce colloque, dans un esprit d'ouverture et de dialogue afin que les philosophies, et pas seulement les philosophes, se rencontrent.
VENDREDI 23 MARS, Amphithéatre Descartes
9h 15 : présentation par Guy Félix Duportail
9h 30- 10 h 15
Jacob Rogozinski, Université de Strasbourg
La chair de la vérité
Discussion
10h 30- 11 h 15
Guy Félix Duportail, Université de Paris 1
Le moment topologique de la phénoménologie française : Merleau-Ponty et Derrida.
Discussion
11 h 30 - 12 h 15
Bernhard Waldenfels, Université de Bochum (Allemagne)
Description indirecte.
Discussion.
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Après midi
14 h 30 -15 h 15
Michel Meyer, Université de Bruxelles
La problématologie comme philosophie nouvelle
Discussion.
15 h 30 - 16 h 15
Isabelle-Thomas Fogiel, Université de Paris 1
Phénoménologie française et speech act.
Discussion et pause.
17 h - 17 h 45
Jocelyn Benoist, Université de Paris 1 et Archives Husserl
La phénoménologie d'Austin.
Discussion.
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Samedi 24 mars, Amphithéatre Turgot.
9 h 30 -10 h 15
Anne-Gabrielle Wersinger, Université de Reims
Analyse philologique, lecture philosophique: comment aborder les textes de l'antiquité.
Discussion
10 h 30- 11 h 15
Christiane Chauviré, Université de Paris 1.
L'idée de philosophie descriptive: Peirce, Dewey, Wittgenstein.
Discussion
11 h 30 - 12 h 15
Charles Travis, King's College, London.
The necessity of Philosophy
Discussion
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Après midi
14 h 30 - 15h 15
Sandra laugier, Université d'Amiens.
Description ou analyse? Quelques enjeux contemporains de la réflexion éthique.
Discussion
15 h 30 - 16 h 15
Antonia Soulez, Université de Paris 8.
Philosopher: une activité entre clinique et pratique.
Discussion et pause.
17 h - 17 h 45
Laszlo Tengelyi, Université de Wuppertal (Allemagne).
Le nombre comme catégorie chez Husserl.
Discussion.
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