
| A l’IPT, 83 boulevard Arago, Paris XIVe, à 21h : 14 et 21 janvier, 11 et 18 février, 10 et 17 juin, 9 et 16 septembre 2010
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Un programme d’enseignement des éléments de base
Topologie à la lettre
construire l’organon de la civilisation industrielle occidentée
"En fait l’inconscient « c’est pas ça » ou « c’est ça, mais à la gomme ». Jamais au p’tits oignons."
J. Lacan La méprise du sujet supposé savoir
Écrits (volume 2) p.333, Seuil avril 2000, Paris
"Les mathématiques ne sont pas puissance de la pensée, mais d’introduire une nouvelle lettre au bon endroit." citation libre de J. Lacan, dans Le moi dans la théorie de Freud séminaire Livre II - 1954 - 55
La plus grande difficulté de la topologie reste : sa simplicité. Un nœud ? Que voulez vous faire avec un nœud ? Un bout de ficelle tordu qui se ferme en un rond. Vous pouvez le tourner dans tous les sens, le tordre encore plus ou chercher à le détordre. Et après, que pouvez vous en dire dans sa simplicité, son évidence, allant de soi au point qu’il n’y a pas grand chose à faire de plus, tellement c’est simple, rudimentaire ? Même chose avec un graphe. Pareil pour une bouée, un tore, une surface topologique, une bande, même tordue. Il y faut un discours, à commencer par un commentaire, une surprise, justement commencer à reconnaître que c’est tellement bête qu’il ne parait pas qu’il y ai grand chose à en dire de plus. Nous prendrons les choses par ce biais, disponibles dans leur raréfaction, leur immédiateté, où rien ne parait pouvoir rester dissimulé, ni abstrait, dans cet objet simple et brutalement positif et concret. Le situer au contraire entre parole et écriture, dans le langage. C’est à l’opposé absolu des trompe-l’œil magnifiques de la savante géométrie projective de Escher, le graveur fameux.
Nous commencerons par situer le lieu de la topologie nécessaire à la psychanalyse parmi les différents chapitres mathématiques où elle paraît : Entre Topologie générale (ensembliste), Topologie des variétés linéaires par morceaux et Géométrie différentielle. Pour prendre position et nous placer dans ce second chapitre qui traite des Graphes, des Surfaces et des Nœuds, objets de dimensions respectives : un, deux, trois. La dimension, voilà le premier invariant de cette topologie. Il nous importe au plus haut titre afin de préciser le narcissisme entre intrinsèque et extrinsèque. Ce couple d’opposition commande la rigueur de la symétrie du miroir et renouvelle le couple freudien de l’intérieur et de l’extérieur. Cette topologie des variétés reçoit sa structure du triangle arithmétique de Pascal, dont Newton a produit la loi et la formule binomiale. C’est un fait d’écriture, un fait de lettre, de pure littéralité, qui domine ce champ rudimentaire d’objets souples. Voilà notre point de départ.
Après, il n’y a qu’à suivre au rythme de chacun, par graffitis, des crobars, des dessins effectifs dont le souci reste de confectionner un graphisme réglé, un vocabulaire, des traits, une syntaxe, une quasi écriture à venir. Sans équivoque optique, où l’équivoque viendra avec le discours, équivoque géométrique, réelle, nom-du-père, mathématique même, du fait de la lecture. Exercices formateurs à la lettre, formant à la lecture, dégageant la lisibilité. En direction de la parole, si "il n’y a d’inconscient qu’à condition qu’on l’écoute", qu’on le lise comme si il cherchait à s’écrire au lieu de s’écrier, afin de réussir là où le paranoïaque échoue. Lire avec Freud, entre les lignes, l’intelligence de la raison depuis. Pourquoi devenir de plus en plus crétin, laisser ça à la niaiserie, la notre ? Nous ne méconnaissons pas qu’il y faut aussi un discours, un lien social pour que cet inconscient existe, celui de notre science capitale qui le détermine comme sujet aliéné, afin de lui opposer un autre discours séparé, freudien avec Lacan. Nous ne sortons pas du fantasme, il nous suffit d’en rendre compte. Il nous revient de nous expliquer là dessus.
Simplicité insurmontable dans son dénuement beckettien. Pourtant cela se gagne avec de l’encre et du papier, des crayons si vous voulez, mais pas de gomme, elle n’est pas conseillée. Lorsqu’il faut mieux, en cas d’erreur, de faute, de lapsus ou de "fait exprès" (séminaire R.S.I.), recommencer le dessin, la figure, le diagramme, afin de garder la trace de l’échec, du ratage, afin de pouvoir l’analyser c’est dire le commenter, après coup, ni concret ni abstrait, lisible. C’est comme cela que chacun, analysant s’il en fut, apprend à sa façon, par ces erreurs, et la manière de se corriger. Lisons Freud, d’une rare honnêteté intellectuelle qui n’a aucune équivalence sinon celle de G. Frege, selon B. Russell, lors de la construction de son idéographie. Freud revient sur ses erreurs, les rectifiant sans dogmatisme et en témoigne. S’instruire de "Remémoration, répétition, perlaboration" (1911). La répétition, selon Freud, aujourd’hui tombée en désuétude. C’est autre chose que l’accusation facile de jouissance, toujours celle de l’autre. Pente obligée, elle est parasexuée. Nous pourrions nous retenir un peu. Lisons Lacan qui trouve et qui parfois peine, l’avoue et se corrige. Le seul progrès à attendre est d’écriture enfin, jusqu’à l’impossible qui ne cesse de ne pas s’écrire, passant dans la réalité, au travers d’un corps désirant, pour la transformer. Ce réel est attesté par la contingence de ce qui cesse de ne pas s’écrire ouvrant sur le possible : ce qui pourrait ne pas avoir lieu, mais ce qui cesse, de s’écrire, du fait de s’écrire, dépendant du contingent. Lisons "Le temps logique" où vous pouvez suivre comment les échecs successifs font progresser la vérité qui apparaît au travers des assertions anticipées pour devenir assertions effectives, le fait de dire qui oblige.
Jean Michel Vappereau Balvanera, le 26 septembre 2009
1er trimestre 2009 :Des composés du nœud
Notre lecture du séminaire de Lacan intitulé : Le sinthome (Livre XXIII), nous conduit au constat d’une rupture fondamentale, même si elle paraît très tardive aux lecteurs et auditeurs un peu pressés.
Où le symptôme de Freud (réalité psychique, dit aussi Œdipe) devient le sinthome de Lacan, son ancien système de production qui subsiste dans le nouveau. Impossible auparavant de distinguer entre trauma (Urverdrang) et forclusion (psychose) dans leur relations respectives au réel en jeu.
Avant de disposer de l’écriture effective donnée dans ce séminaire du trou réel avec la D.I. (la droite infinie à lire la dei) pour l’Urverdrang et de la psychose paranoïaque de la personnalité avec le nœud propre (le nœud Trèfle) par opposition au nœud Bo qui fait structure.
La théorie des nœuds propres, issue de ce séminaire, conçoit ces objets comme produits, dans le sujet, par l’abolition d’une partie de chaînœuds [(Bo (impropre) + Whitehead (hybride)], ceci rend la lisibilité impossible mais donne lieu à la possibilité du traitement de la psychose discursive par la reconquête, ce qui peut ne pas avoir lieu, de l’art de la lecture, comme l’enseignement propre à chaque analyse freudienne.
Cette théorie nous mène à proposer, à nos auditeurs, un exercice qu’ils peuvent prendre à leur charge.
Énoncé de l’exercice préliminaire.
Les nœuds et les chaînes sont exclusivement constitués, d’enlacements (entre 2 éléments de corde) dont un seul type suffit à notre bonheur, et, de mouvements nœuds qui se présentent selon trois types différents : propre (1 élément de corde), hybride (2 éléments de corde) ou impropre (3 éléments de corde). Ceux-ci se composent diversement pour former des nœuds. L’exercice consiste à imaginer des cas différents les plus divers de cette composition.
Il y a deux sortes de cas différents qui s’opposent à l’extrême :
Les cas disjoints selon que les mouvements nœuds sont employés séparément à la hauteur d’agrégats bien distincts de croisements.
Les cas superposés selon, au contraire, que les mouvements nœuds sont employés successivement à la hauteur du même paquet de croisements.

L’exercice consiste à imaginer des cas intermédiaires de compositions des divers types de mouvements entre ces cas les plus extrêmes.
Mais il y a plus. Avec les nœuds borroméens généralisés et fort généralisés (cf. J.-M. Vappereau, « Sa claque », revue Essaim n° 21), qui offrent l’équivoque réelle de cas, encore plus extrêmes du côté superposés, produits en tant que le même nœud, par l’usage indistincts et inséparables des trois types de mouvements nœuds empilés.
L’enseignement reprendra pour un cycle de six cours, les mardis 20 et 27 janvier, et 3, 10, 17 et 24 février 2009. Il aura lieu de 20h30 à 22h30, dans les locaux de l’Institut Catholique de Paris 21, rue d’Assas, 6ième arrondissement de Paris, salle B28 (bâtiment B, 2ième étage). L’enseignement reprendra en juin puis en septembre pour des cycles d’au moins quatre cours à chaque fois. Dans les intervalles, les auditeurs peuvent prévoir de faire des exercices et de se regrouper en cartels, si cela leur chante, pour préparer la suite des travaux du cours qui compte sur leurs initiatives sous forme de questions, commentaires, exposés...Le cours est gratuit par principe, ceux qui souhaitent contribuer à la location de la salle peuvent le faire en contactant sur place un vecteur. Participation aux frais de location de salle : 10 € par soirée ou 50 € pour le cycle en entier.